Table Ronde numérique, 27 mai 2026, sur le thème « Participation numérique pour tous »

Mme Valentina Städler — Caritas Vaud

Le constat

S’appuyant sur l’enquête OFS 2023 : 95% des ménages suisses ont accès à Internet et 9 personnes sur 10 ont un smartphone, mais 22% de la population n’a que des compétences numériques minimales — une notion plus basse qu’on ne l’imagine (ne pas savoir allumer un ordinateur, par exemple). Quatre publics ressortent comme vulnérables :

Les seniors, public historique.

Les dispositifs Caritas

Le projet pilote Lausanne (Fonds développement durable)

Projet sur 2 ans, ciblé sur les seniors lausannois, recrutés via la maison de quartier des Faverges et la déléguée seniors de la Ville. Partenariat élargi à la police de Lausanne pour le volet arnaques.

Son message aux communes

Pas la peine de lutter pour garder le papier — il faut garantir l’accessibilité des services digitalisés. Trois leviers pour les
communes, même sans budget :

Mme Jessica Belperroud — CRFBA et Lire et Écrire

Trois casquettes : coordinatrice de la CRFBA (Coordination romande pour la formation des compétences de base — 42 membres, dont Caritas), ancienne collaboratrice scientifique du projet de recherche DORA à l’Université de Genève, et formatrice à Lire et Écrire Vaud.

Le projet de recherche DORA (2022-2025)

« Défis et opportunités du numérique en formation en compétences de base », recherche-action participative menée avec 15 institutions, dont des communes (Monthey, Ville de Lausanne). Méthodologie originale : 5 focus groups, 41 adultes en formation interrogés via un protocole par photos (chacun choisit une photo pour une expérience positive et une pour une difficulté).

Représentations négatives dominantes : dévalorisation et impuissance face aux contraintes ; crainte des arnaques et de la gestion bancaire ; incompréhension de l’IA (« elle lit dans nos pensées »). Réalité matérielle marquante : certaines personnes interrogées se déplacent plus de 2 heures pour accéder à un ordinateur, une imprimante ou un scanner.

Les deux besoins prioritaires identifiés

Un troisième besoin émerge : l’IA, perçue comme intrusive et anxiogène. Plusieurs organismes lancent maintenant des programmes IA.

Les conclusions

Lire et Écrire et la bibliothèque numérique

Trois volets : formation, sensibilisation (ambassadeurs en entreprises et communes sur l’illettrisme et l’illectronisme), et simplification de documents administratifs. Projet national présenté : bibliothèque numérique gratuite sur apprendre.compétencesdebase.ch — matériel pédagogique adapté à la Suisse. Sortie concrète de DORA : un jeu de 70 photos de situations numériques vendu sur le shop FIDE, utilisable par les communes pour animer des échanges.

Discussion avec les participants

La fracture chez les jeunes

Constat partagé : les adolescents en apprentissage, nés avec un iPhone, ne savent souvent pas utiliser un ordinateur. Lire et Écrire confirme que les cours d’initiation regroupent désormais des publics de 18 à 70 ans ensemble — la fracture est devenue transversale aux âges. Caritas voit le besoin exploser chez les apprentis (gestion mail, traitement de texte).

La responsabilité des collectivités

Question politiquement forte : les collectivités numérisent pour économiser, à l’imitation du privé, et créent elles-mêmes la fracture qu’elles demandent aux associations de réparer. Exemple vécu : un parking sans paiement en espèces, découvert au moment de sortir. Les deux intervenantes adhèrent au constat et plaident pour un filet de sécurité physique (guichet, monnaie) dans toute démarche numérisée.

Que peut faire une petite commune ?

Pour une commune de 2 000-3 000 habitants sans politique d’inclusion numérique, pistes proposées :

 
Les présentations peuvent être téléchargées ci-après: